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GRANDS PREDATEURS : unanimité des associations franc-comtoises

Poses Bobo 22 03 (5) copie L’amendement adopté par le Sénat le 1er décembre 2009 sur proposition de Gérard BAILLY, sénateur du Jura, et visant à réduire le budget « grands prédateurs » de l’État aura au moins eu une vertu : faire l’unanimité contre lui chez les associations franc-comtoises. Au nombre de 10 (fédérations et associations régionales), et représentant plus de 20 000 adhérents, elles ont adressé un courrier commun à Chantal JOUANNO, secrétaire d’État à l’Ecologie, et aux députés de Franche-Comté. Leur but, obtenir une annulation pure et simple de cet amendement lors du passage de la loi de finances 2010 en deuxième lecture à l’Assemblée Nationale.

Ci-dessous, le texte de ce courrier :

Madame la Secrétaire d’État,

Lors de sa séance du 1er décembre 2009, le Sénat a adopté sur proposition de M. Gérard BAILLY un amendement à la loi de finances 2010, portant sur une réduction de 500 000 euros des crédits destinés aux mesures d’accompagnement « grands prédateurs ».

Comme vous l’avez fait remarquer à M. BAILLY lors de cette séance, une baisse de ces crédits est de nature à pénaliser en tout premier lieu les éleveurs victimes de dégâts, puisque 86% de cette ligne budgétaire y est dévolue, les 14% restants étant consacrés à des missions de suivi ou de valorisation.

Nous attirons votre attention sur le fait que, concernant l’arc jurassien, dont est originaire M. BAILLY, le niveau de dégâts sur cheptel ovin n’a jamais été aussi bas depuis les premières années de la colonisation naturelle du massif par le lynx, notamment en raison de dispositifs de protection des élevages que cet amendement  interdira désormais faute de crédits.

Les quelques élevages étant susceptibles de subir des dégâts en raison de leur situation particulièrement isolée se verront gravement pénalisés par cet amendement et ceci est de nature à ranimer un conflit dans une région où de ce point de vue la situation est apaisée depuis le début des années 90. De même, les opérations de soutien au pastoralisme se verront limitées, ceci contribuant à l’enfrichement et à la déprise pourtant décriés par M. BAILLY.

Concernant le bien-être animal sur lequel se fonde son argumentaire, il semblerait plus avisé de s’inquiéter des plus fréquentes attaques et déprédations perpétrées par des chiens errants qui tuent rarement les animaux mais les mutilent gravement.

L’État français, comme vous l’avez fait remarquer à M. BAILLY, a obligation de préserver les espèces menacées et leurs habitats, en application des textes européens. Il a une responsabilité dans la conservation des 3 espèces, ours, loup et lynx, visées par cet amendement, et ne doit pas laisser des visées mal inspirées, mal documentées et mal dirigées remettre en cause une politique d’intérêt général. Nous apportons à cette occasion notre soutien à la proposition d’un plan de conservation du lynx, pour l’heure inexistant, et proposé par l’association FERUS à vos services, et vous demandons instamment d’y donner suite.

A l’heure où les grands enjeux climatiques et la biodiversité font débat, et où la perte de biodiversité est devenue une évidence, il n’est pas pensable d’envisager la protection des espèces comme dans les années 60. Aussi vous demandons nous de tout mettre en œuvre pour appuyer l’annulation de cet amendement lors de son passage en deuxième lecture devant l’Assemblée Nationale.

Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions d’agréer, Madame la Secrétaire d’État, nos respectueuses salutations.

Signataires :

Athénas Centre UFCS Franche-Comté/Bourgogne Est,  BP 60921, 39009 LONS LE SAUNIER Cedex, – Franche-Comté Nature Environnement, Maison Régionale de l’Environnement, 7 rue Voirin 25000 BESANÇON – LPO Franche-Comté, Maison Régionale de l’Environnement, 7 rue Voirin 25000 BESANÇON – Commission de Protection des Eaux, du Patrimoine de l’Environnement, du Sous-sol et des Chiroptères, 3 rue Beauregard, 25000 BESANÇON – Jura Nature Environnement, 21, avenue Jean Moulin, 39000 LONS LE SAUNIER – Doubs Nature Environnement, Maison Régionale de l’Environnement, 7 rue Voirin 25000 BESANÇON – Haute-Saône Nature Environnement, Maison des associations, 53 rue Jean Jaurès, 70000 VESOUL – Pôle Grands Prédateurs, Carcom, Place du 11 novembre, 39000 LONS LE SAUNIER – Serre Vivante, 39290 MENOTEY – Société d’Histoire Naturelle du Pays de Montbéliard, 138, rue du Général Leclerc, 25230 SELONCOURT.

DESTRUCTION DE RAPACES

Un faucon hobereau et un épervier d’Europe ont été plombés dans le bas Jura dimanche 20 septembre 2009 à Saint Aubin et Authume. Faut-il déplorer l’incapacité à faire la différence entre ces rapaces et un pigeon ramier, ou une volonté délibérée de les détruire ? Qu’il s’agisse d’un manque de connaissances  ou d’un manque  de scrupules, d’ignorance ou de haine des prédateurs, le résultat est le même : un petit pan de biodiversité est détruit par chacun de ces actes volontaires.

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DESTRUCTION DE BUSARDS DANS LE JURA : 5ème année consécutive et 18ème jeune massacré

Désormais tristement habituelle, une révoltante destruction de busards cendrés s’est à nouveau produite, non pas une ni deux mais trois fois cette année dans le Jura.

onjUn premier nid a été détruit à Annoire (encore Annoire… ) aux environs du 25 juin . Ce nid, repéré depuis plusieurs semaines, non encore signalé visuellement à l’intention de l’exploitant et non encore protégé par du grillage a été détruit volontairement, des traces évidentes (y compris de poursuite des jeunes) l’attestant. Il n’avait pas encore été visité par nous donc, nous estimerons le nombre de jeunes au minimum à 2. Il a été « visité » par quelqu’un qui savait ce qu’il cherchait… Compte tenu du délai entre l’acte et la découverte, les cadavres de jeunes, sans doute consommés par des prédateurs, n’ont pas été retrouvés.

Plus récemment, le 14 juillet à Petit-Noir, une jeune femelle marquée et baguée par nos soins, quasiment volante, a été « savatée » à proximité de son nid. Résultat, une luxation de la hanche, une double fracture de l’aile gauche. Il n’est pas certain qu’elle s’en sorte, mais son exécuteur a sans doute été interrompu dans son acte, ce qui explique qu’elle ait été trouvée en vie. Les autres jeunes, « mieux volants » ou sauvés par une passant, sont pour l’instant toujours en vie.

Dernier épisode, une nichée complète de 4 jeunes détruite dans la nuit du 14 au 15 juillet entre 18h et 9h à Moussières, commune de Longwy-sur-le-Doubs. Là encore, le mode opératoire reste le même : écrasement à coups de talons.
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Quelques individus équipés de deux neurones et d’autant de grosses chaussures, malléables et perméables aux discours convenus contre les becs crochus, ont récidivé avec sinon des encouragements, du moins une absolution implicite que leur confère leur immunité (impossible de les retrouver) et le discours ambiant.

Que dire de plus ?
Que les exploitants, très majoritairement favorables à la protection du busard sont frustrés du résultat de leur implication.
Que les services de l’ONCFS, alertés par nous l’an dernier se sont mobilisés en fonction de leurs moyens et que malgré cette présence sur le terrain, les destructeurs ont eu le dernier mot.
Que l’an dernier ,  la seule réaction spontanée de la Fédération des Chasseurs du Jura a été de nous menacer de porter plainte contre nous. A l’heure où une espèce est en train de disparaitre de Franche Comté en raison d’actes volontaires, événement inédit depuis le XIXème siècle (ours et lynx), certains font encore de la propagande anti-prédateurs en présentant le busard comme un  prédateur de gibier et se soucient avant tout de leur image. Ceci en dit long sur l’évolution de certaines mentalités.

ATHENAS va bien entendu déposer plainte pour ces trois destructions volontaires.