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CHATS FORESTIERS PIÉGÉS, FLINGUÉS ET MUTILÉS AU LOUVEROT (JURA)

Découvert le 2 avril par un de nos adhérents, le premier cadavre, queue coupée et tête constellée d’impacts a aussitôt été signalé à l’ONCFS et a fait l’objet d’une radio. Celle-ci a révélé la présence de 102 plombs dans sa tête, résultat d’un tir à bout portant qui a immédiatement fait soupçonner un piégeage. DSC_0024 copieDSC_0016 copie 3L’ONCFS a mené l’enquête avec doigté et a rapidement orienté ses soupçons vers le préposé au piégeage des ragondins aux alentours du lagunage de la commune du Louverot. Alors qu’ils effectuaient une visite aux fins de recherche d’indices aux alentours des cages pièges, les agents de l’ONCFS ont découvert un second cadavre présentant les mêmes blessures et mutilations. Une perquisition au domicile du suspect a aussitôt été diligentée, et le présumé coupable a reconnu les faits, de piégeage et destruction qu’il aurait déclaré avoir perpétré avec l’accord du maire de la commune, après qu’il l’ait avisé.

Ainsi, avec 1,74km² de territoire communal, Le Louverot détient (pour longtemps sans doute) le record de de destruction d’espèce protégée (et de chat forestier) par m². Triste bond en arrière de 34 ans, triste perspective pour nos enfants de voir le patrimoine naturel détruit par bêtise, obscurantisme et mépris d’une réglementation sensée protéger des espèces en régression, et dans le respect de laquelle les édiles devraient être exemplaires. Triste trophée que cet appendice caudal coupé comme témoignage honteux  de la destruction d’un des derniers vestiges de nature sauvage.

Car ne nous y trompons pas, quoi que puissent dire les gestionnaires patentés ou non de la faune sauvage, le chat forestier est menacé par les collisions routières, le braconnage et l’hybridation avec des chats domestiques incontrôlés par leurs propriétaires irresponsables. La Franche-Comté et l’Est de la France, seules zones où on peut le trouver , ont une responsabilité particulière dans sa protection.

ATHENAS, spécialisé dans la réhabilitation des félidés, et qui a soigné et relâché plus de 20 chats forestiers en 20 ans,  a d’ores et déjà déposé plainte et se constituera partie civile.Aimat et Valda 03 2010 (3) copie

Voir également  http://www.leprogres.fr/fr/region/le-jura/jura/article/3006269/Un-homme-interpelle-pour-avoir-tue-deux-chats-sauvages-une-espece-protegee.html

DESTRUCTION DE BUSARDS DANS LE JURA : 5ème année consécutive et 18ème jeune massacré

Désormais tristement habituelle, une révoltante destruction de busards cendrés s’est à nouveau produite, non pas une ni deux mais trois fois cette année dans le Jura.

onjUn premier nid a été détruit à Annoire (encore Annoire… ) aux environs du 25 juin . Ce nid, repéré depuis plusieurs semaines, non encore signalé visuellement à l’intention de l’exploitant et non encore protégé par du grillage a été détruit volontairement, des traces évidentes (y compris de poursuite des jeunes) l’attestant. Il n’avait pas encore été visité par nous donc, nous estimerons le nombre de jeunes au minimum à 2. Il a été « visité » par quelqu’un qui savait ce qu’il cherchait… Compte tenu du délai entre l’acte et la découverte, les cadavres de jeunes, sans doute consommés par des prédateurs, n’ont pas été retrouvés.

Plus récemment, le 14 juillet à Petit-Noir, une jeune femelle marquée et baguée par nos soins, quasiment volante, a été « savatée » à proximité de son nid. Résultat, une luxation de la hanche, une double fracture de l’aile gauche. Il n’est pas certain qu’elle s’en sorte, mais son exécuteur a sans doute été interrompu dans son acte, ce qui explique qu’elle ait été trouvée en vie. Les autres jeunes, « mieux volants » ou sauvés par une passant, sont pour l’instant toujours en vie.

Dernier épisode, une nichée complète de 4 jeunes détruite dans la nuit du 14 au 15 juillet entre 18h et 9h à Moussières, commune de Longwy-sur-le-Doubs. Là encore, le mode opératoire reste le même : écrasement à coups de talons.
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Quelques individus équipés de deux neurones et d’autant de grosses chaussures, malléables et perméables aux discours convenus contre les becs crochus, ont récidivé avec sinon des encouragements, du moins une absolution implicite que leur confère leur immunité (impossible de les retrouver) et le discours ambiant.

Que dire de plus ?
Que les exploitants, très majoritairement favorables à la protection du busard sont frustrés du résultat de leur implication.
Que les services de l’ONCFS, alertés par nous l’an dernier se sont mobilisés en fonction de leurs moyens et que malgré cette présence sur le terrain, les destructeurs ont eu le dernier mot.
Que l’an dernier ,  la seule réaction spontanée de la Fédération des Chasseurs du Jura a été de nous menacer de porter plainte contre nous. A l’heure où une espèce est en train de disparaitre de Franche Comté en raison d’actes volontaires, événement inédit depuis le XIXème siècle (ours et lynx), certains font encore de la propagande anti-prédateurs en présentant le busard comme un  prédateur de gibier et se soucient avant tout de leur image. Ceci en dit long sur l’évolution de certaines mentalités.

ATHENAS va bien entendu déposer plainte pour ces trois destructions volontaires.