‘Les accueils du centre’

Un Muscardin, millième accueil du centre en 2007

Accueil d’un rat d’Or, un des plus petits mammifères protégés

Pesant 12g et mesurant 14 cm queue comprise, ce membre de la famille des Myoxidae (ex Gliridae, famille du loir) est, avec la musaraigne de Miller, un des plus petits mammifères non-volants protégés. Symbole de la perte de biodiversité des milieux banaux (haies, friches, lisières), il est en voie de raréfaction et protégé depuis 2007 en application de la Convention de Berne. Sédentaire et casanier, il vit dans un espace relativement restreint et est de ce fait sensible aux modifications de son environnement.

Celui-ci a été dérangé dans son hibernation (qui dure 6 mois) à l’occasion d’un chantier de défrichement à Crillat (39). Pour compenser la dépense énergétique générée par ce réveil, il sera alimenté durant plusieurs jours (glands, chataignes, baies), puis replacé dans le milieu naturel pour y hiberner.

1000ème accueil d’ATHENAS pour 2007, c’est seulement le deuxième individu de cette espèce recueilli en 20 années au centre.

Capture d’un jeune Lynx orphelin

Un jeune lynx en difficulté a été capturé afin d’être élevé au centre de sauvegarde jusqu’à son relâcher.

Jeune femelle capturée

Jeune femelle capturée

Observé deux soirs de suite sur une terrasse de Morez (zone périurbaine entre rocade et rue principale de la ville), un jeune lynx de 5 mois venait se nourrir dans les assiettes des chats.

En accord avec l’ONCFS (empêché par d’autres missions) nous avons mis en place une cage piège pour capturer ce jeune en difficulté. Après une soirée d’attente vaine, il s’est fait capturer dans le milieu de la nuit. Il s’agit d’une jeune femelle de 5 mois finalement peu dénutrie (5150g) et qui présentait seulement un petit abcès lié à une molaire lactéale cassée qui gênait la pousse de la dent définitive. Sa mère ayant certainement été tuée sur la route ou braconnée, le jeune encore incapable de chasser (émancipation à 10 mois) était affamé et a du surmonter sa peur de l’Homme pour se rapprocher des habitations et y trouver de la nourriture.
Soins dentaires

Un deuxième lynx a également été récupéré, à environ 4 kilomètres de Morez (Trélarce-Les Rousses). Celui-ci était mort lors de sa découverte par un berger. Le cadavre a été autopsié au Laboratoire Départemental d’Analyse : il présentait un abcès important (cause inconnue) sur le dos ce qui aurait réduit sa mobilité. Extrêmement maigre (3660 g), il est mort de faiblesse et des suites de son infection.

Les deux jeunes avaient les même mensurations (39 cm au garrot), ils auraient donc le même âge (environ 5 mois) avec les canines lactéales encore présentes chez le mâle. Ils seraient donc nés tardivement, début juillet (un mois plus tard que le pattern de reproduction), et sont vraisemblablement de la même fratrie. La femelle a été plus opportuniste (observée entrain de faire les poubelles sur la terrasse), et a profité de la proximité des habitations pour se nourrir.

Pour la jeune femelle, la perspective de relâcher en avril est déjà étudiée avec les administrations afin que les aspects techniques, réglementaires et financiers puissent être traités en temps et en heure, contrairement au cas Mataf

Bilan santé du jeune lynx

Bilan santé du jeune lynx

EDF : l’hecatombe continue

Plus de 39 oiseaux, 22 cigognes blanches, 1 cigogne noire, 1 hibou grand-duc et 15 autres rapaces au minimum victimes d’EDF en Franche-Comté. Combien encore avant qu’EDF sorte de son mutisme et de son inaction ?

PARTICIPEZ A L’ACTION AVIFAUNE/RESEAU ELECTRIQUE

Depuis le 17 juillet, c’est le triste décompte des victimes connues. Dernière recensée, une femelle adulte de hibou grand-duc victime entrée en collision contre un câble à Sirod (39). Sur les 22 cigognes : 5 individus ont été découverts (4 mortes et une survivante avec 2 fractures) sur la même commune (Pouligney Lusans -25). Les précédentes victimes : un individu à Fontaine les Clerval (25), une femelle à Gondenans Montby (25) une femelle, un mâle et un autre individu à Chatillon (39), 2 individus à Villard sur Ain (39), un mâle au Perron (39), une femelle à Dampierre (39), deux individus à Larians (70), une femelle à Condamine (39), un jeune mâle victime d’un transformateur aérien à Larnaud (39), un cadavre de cigogne déjà décomposé victime d’une électrocution à Desnes (39), une cigogne noire à Vernantois (39) et les deux jeunes électrocutées à L’Etoile en juillet. Ajoutons à celà dans la même période 6 autres à Foissiat (01), un hibou moyen-duc à Marnay (70), un milan noir à Villars St Georges (25), un faucon crécerelle à St Vit (25), un autre brûlé par un arc électrique, une buse variable à Vers sous Sellières, une à Foucherans (39). On comprend de plus en plus mal le silence obstiné d’EDF et le fait que l’entreprise ne réponde pas à notre demande de neutralisation des deux poteaux dangereux de L’Etoile (entre autres).
Parmi tous ces oiseaux, seulement 5 ont survécu : 4 cigognes blanches et le hibou grand-duc. L’ampleur de l’hécatombe cette année démontre la dangerosité du réseau et l’emplacement stratégique de la Franche-Comté dans le corridor migratoire. Ceci rend indispensable la prise en compte sérieuse du problème par EDF, au delà des opérations de communication.
Nous demandons la programmation de la neutralisation des armements de poteaux les plus dangereux et le respects des engagements pris, notamment concernant les interventions d’urgence dans des cas avérés de risque pour des espèces rares ou pour un nombre important d’oiseaux.

Nous demandons en outre la prise en charge financière par EDF des frais encourus pour les soins des oiseaux victimes du réseau : actuellement, le Centre détient 4 cigognes rescapées qui resteront en soins durant 6 mois jusqu’aux migrations de printemps : 800 Kg de nourriture, 140 heures de soins, des frais généraux, soit une facture de plus de 6 000 €.

Rappel des raisons de la colère : 17 juillet 2007, une des 4 cigognes blanches élevées au Centre s’électrocute durant ses premiers vols d’émancipation sur un poteau type « interrupteur manuel ». Pas de chance ….

Nous contactons EDF (direction Franche Comté Sud) avec qui nous avons un partenariat visant, en application des discussions du « Comité National Avifaune » (regroupant EDF et associations) à réduire l’impact du réseau sur l’avifaune. Dans le cadre de ces réunions de travail, EDF s’était engagée par la voix de son « responsable communication » à intervenir selon 2 modes :
- intervention d’urgence : sur une site sensible (espèce rare ou nombre important d’oiseaux électrocutés) l’entreprise s’engageait à intervenir très rapidement ;
- intervention de routine : en cas de signalement d’une électrocution, EDF s’engageait à modifier le poteau dans le cadre des opérations de maintenance et d’entretien de la ligne.
Compte tenu du fait que 2 cigognes étaient encore en cours d’émancipation, que de nombreux oiseaux s’envolent à partir du centre, nous pensions qu’EDF conviendrait que ce dernier soit considéré comme un site sensible. Nous avions identifié 3 poteaux dangereux sur la commune de L’Etoile (dont le tueur de cigogne). Nous prenons donc contact avec EDF.

Et nous déchantons….. Car la chargée de communication d’EDF, qui semble avoir été formée par Nikita KROUTCHEV (Monsieur Niet), ne sait que nous opposer des « non, nous ne pouvons pas intervenir rapidement, non, je ne peux pas vous dire pourquoi, non, ce n’est pas la peine d’insister, je comprends, mais non », revenant ainsi sur les engagements pris.
Le 30 juillet, nous publions un communiqué de presse (voir ci dessous) déplorant l’attitude d’EDF et alertant sur le risque d’électrocution que courent les autres cigognes.
Le 31 juillet, une deuxième cigogne s’électrocute sur le même poteau, prouvant que nous n’avons pas exagéré le risque encouru. A quand la troisième ?
EDF, manifestement, estime qu’enfouir les lignes Haute Tension suffit à protéger l’avifaune, et n’a aucun budget pour le réaménagement des poteaux tueurs. Nous estimons cette désinvolture scandaleuse. Rouler avec un pot catalytique n’autorise pas à écraser des hérissons. EDF n’assume pas les erreurs du passé, à l’époque pas si lointaine où ses bureaux d’étude concevaient des armements pour poteaux sans se soucier du paramêtre avifaune. Actuellement encore, des armements sont modifiés et comportent après les travaux des « ponts » (raccords) non isolés.

Sur les 5 dernières années, 20 cigognes ont été récupérées au Centre suite à des électrocutions ou des collisions avec des cables EDF en Franche Comté. Elles ne représentent qu’une partie de la mortalité, car certaines ne sont pas recensées, d’autres sont empaillées ( !!?) par les Fédérations de Chasseurs sans enquète ni action sur le site d’électrocution. Pour ces cigognes prises en charges au centre, dont 10 ont été relâchées, EDF ne nous a pas alloué le moindre aide, et nous a même, comble de l’ironie, incité à demandé des subventions à sa place aux Conseils Généraux pour financer les modifications d’armements. On croit rêver. Le consommateur paie la consommation d’électricité et le contribuable devrait assumer la responsabilité de l’entreprise à sa place.
Communiqué du 30 juillet

Pas de chance pour cette jeune cigogne élevée au centre . Placée en compagnie de 2 autres (issues de Saône-et-Loire et dont le nid était tombé) sur un nid artificiel, elle démarrait tout juste son émancipation et volait depuis moins d’une semaine lorsqu’elle s’est électrocutée sur un poteau EDF (armement type interrupteur avec des raccords aériens non isolés). Hélas, cette mésaventure risque de se reproduire très prochainement pour les deux autres cigognes, car malgré un partenariat entre ATHENAS, la CPEPESC et EDF visant à neutraliser les poteaux meurtriers au coup par coup, dans ce cas précis, l’entreprise, pourtant prévenue dès le 17 juillet, semble peut pressée d’agir et, arguant de son planning et du coût de l’intervention, se refuse même à fixer une échéance à son intervention, malgré le risque permanent que courent les 2 autres cigognes sur les 3 poteaux de ce type présents dans la commune de L’Etoile (voir photo prise le 25 juillet d’une des survivantes perchée sur le poteau qui a tué son frère). Attitude d’autant plus incompréhensible qu’EDF dépense un énorme budget communication (pleines pages de quotidiens régionaux, campagnes nationales d’affichage 3X4m, campagnes publicitaires sur des chaînes nationales) s’appuyant sur l’image de la cigogne justement, et de sa supposée protection. ATHENAS et la CPEPESC demandent qu’EDF les éclaire sur ce paradoxe et fasse au minimum la lumière sur ses motivations.

L’électrocution d’une de ces cigognes réduit à néant 2 mois de travail de tout un réseau : l’AOMSL (Association Ornithologique et Mammalogique de Saône-et-Loire), l’ONCFS (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage), structures ayant pris en charge et acheminé les 3 oiseaux, ATHENAS qui a assuré l’élevage et le nourrissage de ces oiseaux durant 8 semaines. Une électrocution relève de la malchance. Deux autres seraient, elles, le résultat d’un choix délibéré. Espérons que ces morts annoncées n’auront pas lieu et qu’EDF mettra d’urgence en conformité action et intentions affichées.