‘Les accueils du centre’

Ecureil à machoire cassée

Victime d’une voiture, un écureuil adulte est arrivé au centre le 23 janvier 2006 avec une fracture de la machoire, le mandibule inférieur séparé en deux au niveau du menton, et les deux incisives supérieures cassées.

Sous anesthésie, une ligature a été posée sur les deux incisives inférieures afin de stabiliser les deux demi-mandibules et permettre leur consolidation. Après une administration d’anti-inflammatoires, il a été placé sous lampe chauffante jusqu’à son réveil. Dès le lendemain, il pouvait à nouveau manger de la pomme et deux jours plus tard rongeait des croquettes (aliment rongeurs).
La consolidation définitive a été obtenue après 3 semaines.

Le relâcher a eu lieu le 17 février.

Première Sérotine bicolore

Première de l’espèce, une sérotine bicolore a été accueillie au centre le 7 décembre 2005. Victime des intempéries, cette grosse chauve-souris (13 grammes) reconnaissable notamment à son dos argenté (elle se différencie du gorille entre autres par la taille) a été découverte dans un caniveau de Chalon sur Saône (71).

Si les circonstances de la découverte ne sont pas surprenantes pour une chauve souris en cette période, c’est la localisation géographique qui l’est davantage : L’espèce est d’ordinaire cantonnée au Nord de l’Europe, et dans notre région, aux reliefs. Celle-ci, peut-être perturbée par les récentes chutes de neige, a gagné la plaine. Il s’agit de la septième donnée de Saône et Loire (source AOMSL) ?
Le même jour, une pipistrelle commune, visiblement découverte pour les mêmes raisons (intempéries) a été acheminée depuis Dijon (21). Toutes deux étant en bonne forme, elles seront conservées quelque temps puis relâchées sur des sites favorables dès que la météorologie le permettra. Elles ont été conservées au centre en « hibernation intermittente », permettant à la fois de respecter leurs rythmes biologiques et de s’assurer de leur bon état physiologique. La sérotine bicolore a été relâchée le 11 février 2006. Elle avait pris 4 grammes depuis son accueil et était en état d’entreprendre sa migration de retour (vers le Haut Jura ou le Nord de l’Europe). Info chiroptères : voir ci-contre lien CPEPESC.

Accueil au centre en 2005

Une hausse sans précédent

En 2005, 885 animaux en détresse ont été accueillis, soit 235 de plus que l’année précédente. Cette augmentation importante du niveau d’activité est loin d’être seulement conjoncturelle : il faut bien entendu prendre en compte la fin d’hiver 2004/2005 très rude, durant laquelle plusieurs semaines d’enneigement et de gel ont entraîné un grand nombre d’accueils d’oiseaux hivernants, ainsi que la fin d’année 2005 où un enneigement et un froid précoces ont sévèrement atteint les rapaces hivernants. Cependant les entrées de toutes les espèces ont été en hausse par rapport à 2004 et 2003, et cela pour tous les mois de l’année, excepté août où le nombre des accueils a légèrement fléchi. Ainsi les autres mois de printemps et d’été ont occasionné une importante activité correspondant à l’arrivée des jeunes, avec 145 accueils au mois de juin, soit une moyenne de 5 entrées/jour. Durant ce mois-là, l’effectif quotidien détenu simultanément a dépassé 150 individus. 85 espèces différentes sont concernées, soit 5 de plus qu’en 2004. Ont été accueillis pour la première fois au centre un grand cormoran, une couleuvre vipérine, un orvet, un grand rhinolophe et une sérotine bicolore. 885 animaux ont été recueillis en 2005, soit 245 de plus qu’en 2004 : Les accueils du centre ont connu une augmentation de près de 40 %.
C’est la buse variable la plus recueillie, avec 160 individus (soit 18 % du total). Plus de la moitié d’entre elles sont arrivées au centre en février, mars et décembre. La buse variable, dont de gros effectifs hivernent en Franche-Comté et Bourgogne, régions à réseau routier secondaire dense, est essentiellement victime de la route (72% des entrées pour l’espèce), et c’est cette espèce qui paie le plus lourd tribut à nos déplacements, puisque seulement 32,5 % des individus recueillis ont pu être relâchés
Si l’on tient compte de l’augmentation des causes assimilées aux « travaux agricoles » (dont les 3/4 correspondent aux œufs de busard cendré provenant de Haute-Loire), la part relative de chaque cause d’accueil reste sensiblement la même, excepté pour le ramassage de jeunes, qui a connu une légère hausse. Le tir d’espèces protégées reste à un niveau bas. Toutefois il a concerné – principalement en Bourgogne – une espèce sensible comme le milan royal, actuellement en déclin dans toute l’Europe. Les autres victimes « habituelles » du tir sont la buse variable, le faucon crécerelle, l’épervier et le héron cendré qui – rappelons-le – appartiennent tous à des espèces protégées. Les collisions routières restent la principale cause d’accueil et de mortalité de la buse variable (voir plus haut) et des rapaces nocturnes dans leur ensemble (entre 45% pour la chouette hulotte et la chevêche et 55% pour la chouette effraie et le hibou moyen-duc.)

Légèrement supérieur à celui des années précédentes, le taux de remise en liberté est lié à la légère augmentation du nombre d’accueils des jeunes. Notons toutefois que, déduction faite de la mortalité immédiate des animaux accueillis et des euthanasies, le taux de réussite des soins (c’est-à-dire aboutissant à un relâcher et pas seulement à la survie) est de 75%. Ce chiffre est extrêmement satisfaisant et nous encourage à continuer à tenter de perfectionner nos techniques et la qualité de la collecte et de la réhabilitation de nos pensionnaires