‘Divers’

PREMIÈRE EUROPÉENNE : INCUBATION ET ÉLEVAGE DE RÂLES DES GENÊTS

DSC_0092 copieLa destruction d’un nid de râle des genêts lors de la fauche tardive d’une zone humide a amené l’AOMSL (Association Ornithologique et Mammalogique de Saône et Loire) et le Conservatoire des Sites Bourguignons à prélever les œufs rescapés et à les acheminer rapidement au Centre. Immédiatement placés en incubateur, les 7 œufs ont au final donné 6 jeunes dont 1 non viable. Parmi les 5 jeunes, 2 n’ont survécu que quelques jours.

Ce sont donc en définitive 3 jeunes âgés de 4 semaines qui ont été relâchés le 19 août dans une prairie humide du Val de Saône au sud de Chalon sur SaôneDSC_0160 copie, à proximité de l’emplacement de leur nid d’origine. Ils pourront ainsi vraisemblablement contacter des congénères avant d’entreprendre la migration. Très vite, l’instinct a repris le dessus, et devant les partenaires réunis pour l’occasion, les trois oiseaux se sont rendus invisibles, se fondant dans la végétation.

Le râle des genêts figure sur les liste des espèces en danger d’extinction (500 mâles chanteurs en France). Sa régression est liée à la destruction de son biotope, les prairies humides. Le relâcher de ces 3 jeunes n’enrayera pas la tendance, mais a permis de mettre au point un protocole d’élevage, qui pourra, pourquoi pas, être mis à profit dans un éventuel programme de reproduction aux fins de renforcement de population, réalisé dans le cadre d’un plan de restauration.Lacher râle 1Lâcher râle 2

CHATS FORESTIERS PIÉGÉS, FLINGUÉS ET MUTILÉS AU LOUVEROT (JURA)

Découvert le 2 avril par un de nos adhérents, le premier cadavre, queue coupée et tête constellée d’impacts a aussitôt été signalé à l’ONCFS et a fait l’objet d’une radio. Celle-ci a révélé la présence de 102 plombs dans sa tête, résultat d’un tir à bout portant qui a immédiatement fait soupçonner un piégeage. DSC_0024 copieDSC_0016 copie 3L’ONCFS a mené l’enquête avec doigté et a rapidement orienté ses soupçons vers le préposé au piégeage des ragondins aux alentours du lagunage de la commune du Louverot. Alors qu’ils effectuaient une visite aux fins de recherche d’indices aux alentours des cages pièges, les agents de l’ONCFS ont découvert un second cadavre présentant les mêmes blessures et mutilations. Une perquisition au domicile du suspect a aussitôt été diligentée, et le présumé coupable a reconnu les faits, de piégeage et destruction qu’il aurait déclaré avoir perpétré avec l’accord du maire de la commune, après qu’il l’ait avisé.

Ainsi, avec 1,74km² de territoire communal, Le Louverot détient (pour longtemps sans doute) le record de de destruction d’espèce protégée (et de chat forestier) par m². Triste bond en arrière de 34 ans, triste perspective pour nos enfants de voir le patrimoine naturel détruit par bêtise, obscurantisme et mépris d’une réglementation sensée protéger des espèces en régression, et dans le respect de laquelle les édiles devraient être exemplaires. Triste trophée que cet appendice caudal coupé comme témoignage honteux  de la destruction d’un des derniers vestiges de nature sauvage.

Car ne nous y trompons pas, quoi que puissent dire les gestionnaires patentés ou non de la faune sauvage, le chat forestier est menacé par les collisions routières, le braconnage et l’hybridation avec des chats domestiques incontrôlés par leurs propriétaires irresponsables. La Franche-Comté et l’Est de la France, seules zones où on peut le trouver , ont une responsabilité particulière dans sa protection.

ATHENAS, spécialisé dans la réhabilitation des félidés, et qui a soigné et relâché plus de 20 chats forestiers en 20 ans,  a d’ores et déjà déposé plainte et se constituera partie civile.Aimat et Valda 03 2010 (3) copie

Voir également  http://www.leprogres.fr/fr/region/le-jura/jura/article/3006269/Un-homme-interpelle-pour-avoir-tue-deux-chats-sauvages-une-espece-protegee.html

PREMIER RELÂCHER D’UN CASTOR

Tombé dans un regard en béton à la sortie de la station d’épuration de Cramans (39), ce castor immature de 10Kg s’était endommagé les griffes et les pattes sur les parois lisses en tentant en vain de sortir, et découvert par les employés de la communauté de communes, avait été sorti de ce mauvais pas par l’ONCFS, épuisé et en état de choc.Castor récup (2) copie

Rapidement transporté au centre, il a fait l’objet d’un examen vétérinaire, puis d’un traitement contre le choc et d’une antibiothérapie pour prévenir une infection de ses blessures par ailleurs bénignes.

Placé en box avec une brassée de branches de saule, il a rapidement repris ses esprits et a copieusement mangé dès la fin de journée.Castor mise en box (50) copie

Le lendemain, en pleine possession de ses moyens, il a été relâché en présence de l’ONCFS à Chissey sur Loue, un peu en aval de son lieu de découverte.

C’est le premier accueil d’un individu de cette espèce au Centre. Le castor a recolonisé le Jura depuis plusieurs années, d’abord sur le Suran, puis, plus récemment sur le Doubs et la Loue. Sur cette dernière rivière, il s’agit de l’observation la plus en amont  connue, témoignage de la lente mais sûre progression de l’espèce, qui est suivie pas à pas par l’ONCFS et les naturalistes. Mâle ou femelle, difficile de trancher, tout est caché à l’intérieur d’un pseudo-cloaque. Seule certitude, au regard de son poids, il s’agit d’un jeune de l’an passé. Les adultes, eux, oscillent entre 15 et 28Kg.Castor relâcher (8) copie